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Compétition de tuishou

ron wesley

Je profite de cet article pour vous annoncer que le 12 août prochain aura lieu à Datong une compétition de tuishou supervisée par Maître Guo Guizhi.

Il s’agira d’épreuves « shuang tuishou » autrement dit "poussée à deux mains", en déplacement et techniques libre. Chaque match durera 5 minutes et sans limites ni démarcations précises quant à la surface de confrontation.

La comptabilisation (très simple) des points sera la suivante : 1 point pour déstructurer, déséquilibrer, contrôler, absorber, pousser l’adversaire et 2 points pour le faire chuter au sol.

De quelle sensibilité parle-t-on ? En physiologie, la sensibilité est la propriété d’un être vivant de capter un stimulus et d’y répondre. (Source dico)

Lors d’un entrainement la semaine dernière à Datong, Maître Guo Guizhi parlait du tuishou en ces mots :

« Le tuishou est comme une sorte de jeu, mais il faut garder l’intention du combat, ne pas sourire ni blaguer lorsqu’on s’entraine. Ceux qui se raidissent pour exercer leur force seront toujours à côté des principes du dachengquan, la crispation est aussi révélatrice d’une certaine appréhension de perdre. Il ne faut pas avoir peur mais se détendre, être fluide, vif et mobile, s’adapter et être capable de recevoir les informations par la sensibilité des avant-bras en contact. Quand l’autre est négatif, on devient alors positif, et vice-versa. C’est un des niveaux les plus difficiles à atteindre, aussi ce gongfu j’ai beau l’enseigner aux gens, en écoutant seulement ce que je dis ils ne l’obtiendront jamais même dans 100 ans, il faut expérimenter soi-même.»

« Un jour que le duc Huan est occupé à lire dans la salle, et le charron Pian à tailler une roue au bas des marches, ce dernier pose son ciseau et son maillet, monte les marches et demande au duc : « Puis-je vous demander de quoi parle ce que vous lisez ? »

Réponse du duc : « Ce sont les paroles des sages.

-Mais ces sages sont-ils en vie ?

-Non, ils sont morts depuis longtemps.

-Alors, conclut le charron, ce que vous lisez là n’est que le déchet des anciens ! »

Et le duc Huan de s’écrier : « Ce que je lis, comment un charron oserait-il en discuter ? Si tu sais te justifier, soit ; sinon, tu mourras ! »

Le charron Pian dit alors : « Votre serviteur voit les choses à partir de son humble expérience. Pour tailler une roue, un coup qui part trop doucement ne mord pas ; s’il part trop fort, il dérape sur le bois. Ni trop fort ni trop doux : j’ai le coup dans la main et la réaction dans l’esprit. Il y a là-dedans un tour qui ne peut se dire par des mots. Je n’ai pu l’enseigner à mon fils, pas plus qu’il n’a pu l’apprendre de moi, de sorte qu’à soixante-dix ans me voilà encore à tailler des roues. Les anciens ont emmené dans la mort tout ce qu’ils n’ont pas pu transmettre, ainsi donc, ce que vous lisez là n’est que le déchet des anciens ! »

(traduction Anne Cheng, Histoire de la pensée chinoise)

Ce texte écrit par Zhuangzi peut nous faire méditer sur le fameux gongfu des Maîtres et de leur élèves s’entrainant dans l’espoir de leur ressembler, mais en vain… Egalement bonne remise en question sur les soi-disant secrets qui ont fait (et qui font toujours !) la légende des arts martiaux…

Le tuishou est un exercice qui permet de développer une grande sensibilité. Lorsque deux personnes sont en contact il faut chercher d’abord à déstructurer, déséquilibrer et (ou) contrôler puis rentrer, c’est ce qu’il fait la subtilité du dachengquan, cette sensibilité est plus difficile à acquérir que des capacités combatives « classiques ».

« Tout le monde peut frapper, tout le monde peut utiliser la « force primaire », mais cette force vivante qu’on recherche dans le dachengquan pas beaucoup de combattants arrivent a la développer. Certains animaux l’ont... ». M.Guo

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